Samedi 18 Mai
10:09
Women Tomorrow - Le blog
 

Découvrez "Maman Travaille" et la toute première Journée des mères actives

WoTo a interviewé Marlène Schiappa-Bruguière, fondatrice de l'association et du blog "Maman Travaille" dédiés aux mamans...qui travaillent.



Découvrez "Maman Travaille" et la toute première Journée des mères actives
L'association "Maman Travaille"  organise le 9 février à Paris une journée entière dédiée aux mères actives. Si vous n'avez pas encore bouclé votre agenda, courrez-vous y inscrire. A French organization called “Maman Travaille ".

En effet, la “Journée des mères actives " est une conférence où se réuniront les meilleurs experts du domaine, psychologues, sociologues, coach de carrière, journalistes, experts RH, réseaux féminins, et bien entendu, beaucoup de mamans qui travaillent! 

Les débats et discussions porteront sur les meilleurs conseils à donner afin de combiner sa maternité et sa carrière. Quels sont les meilleures stratégies pour conserver un équilibre entre le travail et sa vie personnelle ? Quels sont les principaux défis que les femmes rencontrent dans ce parcours qui se révèle souvent un vrai parcours du combattant ? Quels sont les alternatives professionnelles à la classique journée 9h-18h ? Toutes ces questions seront traitées lors de la conférence. 

Il ne fait aucun doute que de nombreuses mères actives se sentent concernées par ces problématiques ! Voici un petit aperçu des obstacles que les jeunes femmes rencontrent encore aujourd'hui dans leur vie quotidienne en France : 

  • 350 000 places de crèches manquantes.
  • 2% des entreprises seulement ont une offre de crèche d'entreprise pour leurs employés. 
  • 80% des responsabilités domestiques sont encore à la charge des femmes. 
  • 27.1% : c'est la différence de salaire moyenne entre les hommes et les femmes (en défaveur des femmes) pour un emploi équivalent à compétences équivalentes. 
  • 86% des congés parentaux sont pris par les femmes.
  • 17.2% seulement des propriétaires d'entreprises sont des femmes.
  • 30% des femmes actives travaillent à temps partiel contre 6% des hommes.
 

Et comme nous voulions en savoir plus sur cette Journée-Conférence, nous avons interviewé la fondatrice de "Maman Travaille", Marlène Schiappa-Bruguière. Nous la remercions d'avoir pris le temps de nous en dire plus sur ce bel événement et sur beaucoup d'autres choses !

Marlène Schiappa-Bruguière
Marlène Schiappa-Bruguière
Quels objectifs vous êtes-vous fixés en organisant cette première journée des mères actives ?

Marlène Schiappa-Bruguière: Nous avons plusieurs objectifs en tête: D'abord, mettre un coup de projecteur sur les problématiques des mères actives, comme nous essayons de le faire depuis 4 ans que le réseau Maman travaille existe. Les élections présidentielles approchent et nous regrettons qu'aucun candidat ne se soit réellement emparé du sujet alors qu'il touche au quotidien des gens, et à leurs préoccupations premières (emploi, vie familiale, transports, pouvoir d'achat etc).

Ensuite, permettre à l'offre et à la demande d'infos sur le sujet de se rencontrer; en mettant à disposition des mères actives, mais aussi des DRH et professionnels du secteur; les meilleurs experts et spécialistes de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Et enfin, cette 1ère Journée des mères actives marque le lancement de notre association "Maman travaille" en loi de 1901.

Nous espérons fédérer encore plus de mères actives pour faire entendre nos propositions, et pérenniser cette journée, en proposant une deuxième édition dès 2013... 


Quelles sont les évolutions majeures que vous avez observées au cours des dernières années dans la vie quotidienne des mamans qui travaillent ?
 
MS-B: Quand ma fille aînée est née, en 2007, les questions d'équilibre des temps de vie étaient complètement exotiques. maintenant, même si ce n'est pas acquis partout, au moins on débat des modes de garde, du télétravail, du congé paternité... Ce sont de vrais sujets, maintenant, qui sont abordés en CE ou avec son employeur sans passer pour une dangereuse militante extrémiste de la parentalité :)

On peut noter la création d'observatoires comme l'OPE ou l'ORSE, l'explosion des réseaux pro féminins, la revendication récente du statut de mère au travail, comme chez les Mompreneurs, les mères-entrepreneuses...

Est-ce que les mentalités sont en train de changer ?

MS-B: Oui, mais à deux vitesses. Avec l'association Maman Travaille, on rencontre régulièrement les DRH de grandes entreprises françaises pour leur présenter nos propositions et faire une sorte de lobbying pour les salariés-parents. On a vraiment deux profils, deux réactions types : le manager concerné, qui va trouver ça formidable, ou a minima se reconnaître dans nos demandes, y aller de son anecdote personnelle, relayer ce que nous faisons, débattre de la conciliation vie pro / vie perso...
et le ou la manager qui ne voit pas bien le rapport entre maternité et travail, qui a parfois dû cacher sa grossesse pour faire carrière et trouve ça un peu loufoque de parler de sa vie familiale en entreprise...

Pour le télétravail par exemple, de grandes entreprises s'y mettent et commencent à le tester, mais dans une PME c'est plus difficile, c'est au bon vouloir du patron, et souvent la culture du présentéisme l'emporte sur les considération de productivité et de gain de temps dans les transports... D'où l'intérêt de légiférer sur le sujet ou du moins d'encadrer vraiment la pratique.

Que peut-on faire pour que les femmes culpabilisent moins ?

MS-B: Je liste toute une série de mesure dans le livre Maman travaille. 

La culpabilité, souvent, on se la crée soi-même. Je pense qu'il faut apprendre à relativiser, faire un travail sur soi pour mettre la barre moins haut. Les femmes se mettent une pression incroyable, par exemple en se chargeant de 80% des tâches ménagères. Ce n'est pas un constat acceptable, et il n'y a aucune raison de culpabiliser par exemple de n'avoir pas "une maison bien tenue" comme on dit: c'est plutôt e conjoint qui s'acquittent de 20% des tâches qui devrait culpabiliser !

Après bien évidemment, comme le dit Sophie Kinsella (minute philosophique) "Avoir des enfants, c'est comme ouvrir un blog intitulé: déposez vos commentaires désgréables ici". On aura toujours une belle-mère au foyer à l'ancienne pour nous trouver très "mère indigne" d'avoir une activité professionnelle à l'extérieur, ou une copine carriériste qui nous juge incompétente parce qu'on "prend notre après-midi" en partant à 18 heures du bureau...

Il nous faut apprendre à prendre du recul, et il faut éduquer l'opinion publique à rejeter les stéréotypes de genre tels que "c'est à la mère de cuisiner une tarte aux pommes bio pour la kermesse"... Non, le père aussi peut le faire, et dans l'absolu, un Savane tout prêt n'a jamais tué personne.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez dans vos actions ?

MS-BAvec Maman Travaille, c'est compliqué, car on a déjà subi des critiques virulentes de femmes considérant que nous "pensons avec notre utérus" (classe, n'est-ce pas ?) et que donc, nous sommes rétrogrades, mais aussi de personnes nous considérant comme je cite "des ultra féministes". Mais c'est bien la preuve qu'on touche à quelque chose... 

Et l'absence de volonté. Les raisonnements archaïques très nombreux, les mêmes qu'on rencontre dans les problématiques de racisme en entreprise, du type "Moi je ne suis pas raciste, mais mes clients n'ont pas envie de traiter avec un Noir..." Eh, bien, nous entendons: "Moi je ne suis pas sexiste, mais enfin, un réseau de femmes enceintes ou de jeunes mères... Mon patron trouve que c'est "un truc de bonnefemmes". Outre le mépris de la formule, on notera que donc des "bonnefemmes" ne sont pas dignes d'intérêt pour beaucoup de décideurs.

Heureusement, souvent, ils changent d'avis après nous avoir rencontrées: ils ne deviennent pas des chantres de la conciliation travail / maternité, mais au moins nous avons déffriché le terrain. Et c'est toujours plus facile quand on arrive de l'extérieur, comme nous, avec simplement un message à porter et rien à réclamer, que pour les salariés, en interne; dont les demandes passent souvent pour des revendications.

Mais très souvent, les managers et les DRH ont l'intelligence de comprendre que c'est un enjeu de gestion des ressources humaines, de management et même de communication primordial. Nous avons même parfois de très bonnes susprises en allant les rencontrer et en réalisant que certains ont déjà mis en oeuvre des programmes très poussés autour des modes de garde, de l'égalité professionnelle, de la place des pères... D'où aussi l'idée de notre journée Maman travaille: mettre en lumière les entreprises qui ont des idées et des projets concernant les mères actives. Parce qu'il y en a plus qu'on ne le croit !

Et avez-vous des partenaires qui vous aident à faire avancer vos idées ?

MS-B
Oui, nous avançons main dans la main avec d'autres organisations ou réseaux tels que les Mompreneurs, par exemple. Nous essayons aussi de nouer des partenariats durables avec les entreprises, notamment celles qui interviendront lors de la Journée Maman travaille. Enfin, nous avons été reçues dans des Mairie comme la Mairie de Paris, ou des secrétariats d'Etat... ce n'est pas toujours suivi d'effet, mais le dialogue a le mérite d'être lancé.

Croyez-vous que le fait d'avoir une élection présidentielle peut faire bouger les choses cette année ?

MS-B
Oui, si nous n'attendions rien nous ne militerions pas comme nous le faisons. Tout part de la volonté politique. Quand un politique déclarera qu'il faut faire de la création des 350 000 places en crèche manquantes, d'après le rapport Tabarot, une priorité absolue, on aura déjà bien avancé... Brigitte Grésy a chiffré le cout de l'allongement du congé paternité, et il ne revient pas plus cher que d'autres mesures moins urgentes.

Par ailleurs, la création de modes de garde fait mécaniquement diminuer le chômage par deux entrées: la création de postes de la petite enfance; et la reprise d'une activité des parents qui restent au chomage faute de mode de garde adapté. Tout cela fait marcher l'économie...

Quelles sont vos propositions phares pour faciliter la vie des femmes actives?

MS-BNous en avons défini 10, parmi lesquelles une meilleure rémunération du congé paternité, la généralisation et l'encadrement du télétravail, ou encore l'obligation pour les très grandes entreprises de se munir de crèches ou de participer à des crèches interentreprises...

Et pour finir, avez-vous quelques conseils à partager avec les mamans qui ont du mal à jongler entre leur carrière et leur famille ?

Informez-vous sur vos droits : lisez le code du travail, votre convention collective... savez-vous qu'il est obligatoire d'ajuster votre salaire de retour du congé maternité ? Que, enceinte, vous pouvez bénéficier d'un aménagement de poste ? D'heures pour aller passer vos examens médicaux ? Savez-vous que les journées enfant-malade n'ont pas à être rattrapées ? Que l'égalité salariale est un droit ? Et je dirais, même si ça peut paraître cliché, "unissez-vous". On est toujours plus fortes à plusieurs, jongler entre carrière et famille doit être la préoccupation des mères, mais aussi des pères, des employeurs, des pouvoirs publics...

Cela ne relève pas uniquement de notre responsabilité.

Et évidemment, venez militer avec nous au sein de l'association Maman travaille ! Vous pouvez adhérer via journee-mamantravaille.com



Merci Marlène, et au nom de toutes les mamans qui travaillent, continuez vos actions !




Mercredi 1 Février 2012





Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 18 Janvier 2012 - 06:41 Un secret bien gardé : " Le Daddy Bonus"







Suivez-nous
Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
Rss
Google+























Archives
L M M J V S D
    1       5
6           12
13         19
20           26
27       31